Pour en finir avec le radicalisme végane

vegan+cartoon

Lors de mon dernier billet, j’ai exposé toutes les raisons pourquoi je crois que l’industrie de la viande est obsolète. Pis j’ai même pas parlé de l’impact que la viande finit par avoir sur notre santé, j’ai juste parlé de différents aspects reliés à l’élevage en tant que tel. J’y crois fortement et je crois que quiconque a à coeur le bien-être de tout être vivant, peu importe où il est rendu dans sa vie, devrait faire la promotion du véganisme et ne devrait pas être condamné sous prétexte qu’il a des propos dissonnants ou contradictoires avec son régime alimentaire ou sa consommation de produits transformés qui peuvent impliquer de l’exploitation animale. C’est déjà bien qu’il encourage le bien-être et la compassion. Après, ce qu’il met dans son assiette et sur son corps, ben peut-être qu’il n’est pas conscient et que tu peux l’aider à ce qu’il accorde ses babines avec ses bottines.

Par contre, je ne suis pas tellement à l’aise avec le concept d’être radical dans cette philosophie, je trouve que ça fait un peu peur. Même si je comprends parfaitement toutes les raisons éthiques, politiques, écologiques du végane radical qui choisit cette voie, je reste sceptique quant au rayonnement positif que cela peut avoir autour de lui.

« Renforcement positif mon chum,

no matter what. »

De mon expérience jusqu’à maintenant, je n’ai jamais vu personne ayant réussi à intégrer une idée par la force ou par la culpabilisation à quelqu’un d’autre. Personne. Ça marche pas. Peu importe que ton idée soit l’idée du siècle, la prochaine révolution, l’avenir de l’humanité, y’a personne qui va embarquer si tu les fait sentir cheap ou si tu leur fait sentir qu’ils sont complétement dans le champ avec leur mode de vie « malsain et barbare », peu importe que tu crois que ce que tu dis est la vérité. Y vont juste t’envoyer chier pis faire totalement le contraire de ce que tu prêches (des fois juste pour te faire chier toi parce que t’auras pas réussi à aller les chercher de la bonne manière pour passer ton message).

Renforcement positif mon chum, no matter what. Y’a personne qui veut embarquer dans l’équipe s’il se sent forcé à le faire. C’est comme avec les animaux, on le sait, on ne peut jamais forcer un animal (je ne parle pas d’exploitation ici mais de dressage, d’apprentissage ou d’entraînement) à adopter un comportement s’il n’est pas récompensé par son effort, s’il n’est pas encouragé, si on ne lui laisse pas un peu de jeu pour qu’il soit lui-même là-dedans.

Petit train va loin…

Et pis ça reste quelque chose qui peut être fait graduellement. C’est comme un changement alimentaire, il doit se faire graduellement afin de conserver de bonnes habitudes au quotidien. Si le changement est fait de manière trop brutale, l’écart est trop grand, la zone de confort est loin et Dieu sait que l’humain et son égo se sentent très mals lorsqu’ils sont trop loin de la zone de confort pour une trop longue période de temps. Alors sois patient avec tes congénères humanoïdes, c’est comme des p’tits animaux, faut les apprivoiser et ça se fait doucement. 😉

Pas sûre que tout le monde a le budget pour faire un revirement total dans l’habillement (manteaux, ceintures, lainages, etc.), les chassures et autres produits qui peuvent coûter cher. Des versions véganes exsitent, mais parfois c’est onéreux alors il faut prévoir le coup. Gra-du-elle-ment.

De plus, certaines versions véganes de certains produits sont tout simplement hors de prix. Comme les idées sont à l’état de prototypes, ou que l’offre est peu diversifée, le prix est fort ce qui fait que parfois acheter végane peut être un sacré tour de force. Il faut savoir être patient. Exemple : je rêve du jour où je pourrai acheter ma couette de lit faite d’asclépiade mais pour le moment, je n’ai pas entre 700 et 1000$ à mettre sur un seul item de ma maison… Alors je vais attendre que le produit soit plus accessible sur le marché pour l’acheter à un meilleur prix.

Accueillir et éduquer sans juger

Éveiller des consciences, apporter le changement, ça ne se fait pas en accusant les autres ou en montrant un comportement qui détonne socialement, cela crée de l’isolement et même toi dans ta bulle végétale, tu peux avoir le sentiment de te sentir incompris et seul et c’est pas très chouette. Même entre véganes, ça n’est pas tout le monde qui perçoit les choses de la même manière, qui est rendu à la même place et ça peut mener à des comportements de privation, où l’on se retient d’être ce que l’on est vraiment par peur de représailles de la part de véganes plus zélés et ce n’est pas vraiment mieux pour l’estime de soi et l’inclusion sociale.

Il faut être capable de vivre en société même si chacun n’a pas les mêmes habitudes de vie et la même philosophie de vie. Comme je disais dans mon article précédent, chacun a son rythme et son chemin de vie, il ne faut pas juger les autres, on ne sait pas d’où chacun arrive et ce qu’il a vécu et où il est rendu. Ça appartient à chacun

Oui, peut-être que des habitudes alimentaires omnivores peut paraître rebutant pour certains initiés. Il faut se rappeller que peu d’entre nous naissent véganes. C’est une réflexion personnelle qui se fait en soi et c’est important de bien vivre ce changement et surtout de comprendre pourquoi ce changement dans notre mode de vie s’opère, qu’est-ce que ça nous apporte à NOUS.

Tu le fais pour flasher ? Parce que c’est cool et trendy de manger des végétaux ? Les filles trouvent ça sexy pis ça t’arrange ? Bon j’exagère les raisons bidons mais ça reste que c’est un choix PERSONNEL qu’on aimerait bien voir s’étendre d’une manière collective. Mais ça, c’est dans le Grand Rêve.

Faire du yoga avec ta conscience

Je crois que si on veut que ce Grand Rêve (là-dedans je mets toutes les choses qui font que la planète pourrait être un endroit où il fait bon vivre et où l’amour et le respect de tous et toutes est présent, wow, ça serait cool) s’étende, il faut commencer par incarner ce rêve. Et je crois que ça veut dire aussi de faire preuve de souplesse parfois. C’est là que tu sors ta grande patience et ta compassion pour l’autre et que tu peux quand même mettre de l’eau dans ton vin à la mesure de ce qui est possible.

Ton amie t’as préparé un repas végé mais n’avait pas de bouillon de légumes ? T’es pas obligé de lever le nez sur sa soupe juste pour ça. Je sais que chaque aliment qu’on met dans notre bouche peut devenir une affirmation éthique et politique, mais tu as aussi devant toi une amie bien intentionnée qui t’as préparé un plat et qui te reçoit avec plaisir et ça aussi c’est important. Je crois qu’il faut savoir user de bon sens dans ce genre de situation.

T’amènes ton lunch partout où tu vas parce que t’as peur qu’une molécule animale ne vienne toucher ton palais ? Fine, mais entre toi et moi, on le sait que c’est d’la job en ta…. T’es organisé, tu peux le faire, tu le fais déjà ? Super. Ça se peut que tout le monde n’ait pas atteint ce niveau-là alors je crois qu’il est important de faire preuve de souplesse. Yoga de conscience, yoga !

Gros bon sens et intuition

Reste qu’être radical, c’est extrême et je n’aime pas cette idée. J’aime l’équlibre. Tout ce qui est extrême dans la nature ne dure pas. Tout est une question d’équilibre, il faut toujours s’ajuster pour rester équilibré.

Nos besoins alimentaires varient selon notre âge, notre croissance, notre activité physique, selon la saison, ce que l’on fait comme travail, si on est enceinte ou si on allaite bref, je sais que parfois on a des envies folles de manger un truc en particulier. Je crois que ces envies doivent être écoutées dans la mesure où c’est passager, sinon ça devient une mauvaise habitude et c’est à proscrire. C’est pourquoi je crois au manger intuitif, à cette écoute que nous pouvons avoir envers notre corps pour ce qui lui ferait du bien.

Je ne crois pas non plus que TOUT LE MONDE peut être végane. Il semblerait que certaines personnes aient des métabolismes qui nécessitent de manger de la viande sinon ils ne sont pas à leurs pleins potentiels physiques et énergétiques. J,ai vu des histoires de gens qui prenaient du poids en étant véganes ce qui est un non-sens pour moi. Il est important de noter qu’il n’est pas nécessaire de manger de la viande à tous les jours pour ceux qui en ont besoin et que la modération a bien meilleur goût, même au niveau des quantités consommées lors d’un repas (pas plus gros qu’une paume de main / un paquet de carte, c’est pas beaucoup).

Prêcher par l’exemple (méthode passive non-agressive)

Reste que la meilleure façon de faire, c’est de rayonner autour de toi sans rien imposer aux autres, sans les juger, sans condamner. C’est le pari que j’ai fait quand j’ai décidé de créer ce blogue. Te montrer que le manger végétal et tout ce que ça implique, c’est pas si difficile que ça en a l’air. Et j’ai des gens qui m’écrivent qui sont contents, que mes articles, que les liens que je publie sur ma page Facebook les encouragent à s’orienter vers un mode de vie plus sain et ça, ça fait plaisir. C’est le résultat direct de mon intention première qui est de toucher les gens, de les éduquer et surtout, de les motiver à faire une transition harmonieuse et savoureuse.

Alors sois indulgent avec les autres et concentre-toi sur toi, le reste suivra… xx

Source image : www.healthyleaks.com

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Auteur : Sylvia Beaudry

Amoureuse de manger 100% végétal, transmetteuse d'idées et allumeuse de consciences.

4 thoughts

  1. Je suis bien d’accord avec toi. Il faut respecter les autres et ne pas les juger, sinon on peut avoir l’effet contraire et les éloigner d’un mode de vie à tendance végane.

    J’aimerais toutefois préciser qu’être végane ne coûte pas nécessairement cher et qu’il est tout à fait possible de trouver une couette de lit bon marché et végane – bien sûr, ce n’était qu’un exemple. Il n’y a penser qu’à tous les étudiants qui deviennent véganes et qui ne roulent pas sur l’or.

    De plus, si le véganisme est un choix personnel et qu’on le pratique avec sa conscience, je crois que certains, comme moi, ne pourront se résoudre à manger un plat qui contient des produits d’origine animale, même s’il a été préparé avec les meilleures intentions du monde. Je pense que si la personne l’a préparé de cette façon, elle comprendra tout à fait qu’on ne puisse manger le plat en question. Pour ma part, j’aurais beaucoup plus de remords si je mangeais le plat en question que si j’expliquais à l’auteur du plat que je ne mange pas telle chose. Ça ne m’empêcherait pas d’apprécier le geste de la personne, mais ça n’irait pas dans ma bouche.

    Enfin, si je ne suis pas toujours à l’aise avec le « radicalisme » qui attaque l’individu, je suis en faveur d’un radicalisme qui s’attaque à la société de manière générale, à des groupes, etc. Je crois que le radicalisme qui va dans ce sens est même nécessaire.

  2. c’est radical d’élever des milliards d’animaux (et dans quelles conditions?) et de les tuer pour se nourrir alors qu’on peut vivre sans aucun produit animal.
    C’est radical de ne voir que la couette en plume ou celle en asclépiade car il y a mille autres choix entre les deux.

    Du bouillon de poulet dans sa soupe? Ça lui en fera plus, à mon amie,
    Apporter mon lunch? Toujours et sans gêne. Partager mon lunch? Avec plaisir.

    Faut éviter de culpabiliser les gens, d’un bord comme de l’autre, mais je sais que j’ai raison.

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