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Une nouvelle politique agricole au Québec ?

29 mai 2013

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Le manger dans la société

Radio-Canada annonçait le 18 mai dernier que le gouvernement québécois entendait faire de l’agriculture québécoise une priorité dans l’économie provinciale et dans le choix des consommateurs québécois et québécoises.. Acheter local, consommer des produits fait ici ça tombe sous le sens n’est-ce pas ? Naaaa c’est trop beau pour être vrai, il y a anguille sous roche…

Ce matin, je lisais un article très pertinent, drette sur ce sujet-là dans le VOIR. J’en revenais pas, il y avait certainement un enlignement planétaire quelconque qui faisait que je ne pouvais pas manquer la conférence de ce soir proposée par Le Cercle.

Parlant du Cercle, je ne peux passer sous silence l’initiative que cette belle gang ont eu, c’est-à-dire de fonder Le Cercle Maraîcher, dont parlait La Presse en avril dernier. Pour faire court, Le Cercle a décidé de s’auto-suffire en légumes et autre « féculents » (lire volaille, cocos, etc. huhu) grâce à une ferme située à Ste-Famille sur l’Île d’Orléans. En plus de fournir son propre resto, Le Cercle Maraîcher propose à la communauté urbaine de Québec de s’abonner à des paniers de légumes de juillet à novembre, un concept d’ASC (Agriculture Soutenue par la Communauté, voir un exemple d’ASC ici) en émergence un peu partout au Québec.

La conférence de ce soir était exposée par Dominic Lamontagne, un petit producteur qui en avait assez de se battre pour avoir à vendre ses animaux bien élevés mais peu nombreux sous prétexte que c’est pas « ledgit« . Il a ainsi créé La Ferme Impossible. Ce site web résume très bien le cheval de bataille de Dominic mais je tenterai de vous partager ce que j’ai retenu de la conférence. Sinon, cette petite vidéo fait pas mal le tour du sujet et met la table pour la suite.

Vu mon allégeance au règne végétal comme régime alimentaire, on était mal partis. On n’a parlé que de poulets, d’oeufs, de cochons et de vaches à lait. MAIS, tout mouvement vers l’indépendance et l’autonomie aux industries et aux systèmes établis se doivent d’être salués et soulignés. Brasser de la marde pour faire avancer des affaires et déloger le statut quo, ça vaut un article de blogue. Je lui ai dit à Dominic que je trouvais que l’élevage restait une agriculture polluante et difficilement durable à long terme, mais bon, on était pas là pour parler de ça, y’aurait fallu faire un débat uniquement là-dessus (mais je tenais à en faire part là-bas, moi aussi je brasse de la marde à ma façon ;P).

En gros, il a beaucoup parlé du  rapport Pronovost, paru en 2008. Cette commission fut créée afin de faire la lumière sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec. Malheureusement, la commission n’a pas été en mesure de convaincre le gouvernement que l’industrie de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec était limitante pour les petits producteurs et ne servait qu’une poignée  d’agriculteurs biens placés, protégés par la toute-puissante Union des Produteurs Agricole (UPA) et autres fédérations agricoles. L’UPA a la main mise sur tout ce qui pousse ou grandit au Québec. On peut pas sortir une poule dehors sans qu’un inspecteur de l’UPA vienne te dire que c’est dangereux pis que tes enfants pourraient pogner la H1N1 (grippe aviaire)…

Bref, on se pose pas trop la question pourquoi le rapport n’a fait aucun pli sur la bédaine de Charest, l’UPA devait pousser fort pour qu’il ne se passe rien de nouveau dans ce dossier.

Le malheur avec ça, c’est qu’aujourd’hui, la production d’oeufs, de poulets, de cochons, etc. a augmenté de façon phénoménale comparativement aux années 50. La population a doublé de volume certes, mais pourtant, les fermiers pouvant produire ce type de produit et ayant accès à des points de vente pour écouler leur marchandise a réduit de façon impressionnante. On se partage la galette entre peu de producteurs de nos jours. La concentration des producteurs agricoles diminue la variété des espèces – l’industrie uniformisant toutes les fermes et privilégiant certaines espèces en particulier – et elle monopolise les étalages en épicerie et dans les marchés, pour ne nommer que ces deux conséquences.

Pour avoir le droit de produire à des fins de vente selon les exigences des fédérations, un producteur doit acheter des quotas, qui sont comme des permis de produire et de vendre. L’UPA devient distributeur des produits, détemrine le prix, les met en marché. Un quota pour une vache par exemple coûte 250 000.00$. Et faut que tu t’achètes 10 vaches. Minimum. Au prix auquel ils achètent le lait au litre pour le revendre en épicerie par exemple (une fois que t’as tes 10 vaches et qu’elles ont donné du lait mettons), c’est impossible de rentrer dans ton invesstissement. Comment ils font ? L’industrie s’est comme backée avec des assurances qui font que si tu produis à perte une année, tu as des compensations pour tes pertes… Et ça tourne comme ça année après année (pis même à ça, j’ai pas compris comment ils font pour arriver).

Donc les quotas sont inaccessibles pour les petits producteurs. Les fédérations contrôlent tout les détails de la mise en marché, les conditions, le format tout. Essaie pas de vendre ta compote de pomme dans un pot funky parce que ça pognerait niveau marketing, nenon. Ça prend des ti pots de tant de mililitres, avec des couvercles de même pis c’est de même. Ah oui pis ça coûte tant pis pas plus.

Donc, un producteur qui décide de vendre librement ses produits à un prix déterminé par lui-même, c’est de la concurrence déloyale. Et de la concurrence dans ce milieu-là, on n’en veut pas, on la tue dans l’oeuf en exigeant des critères innaccessibles pour la plupart des producteurs.

Cette souveraineté alimentaire dont je parlais au début de l’article est loin de servir le milieu agricole et agroalimentaire. Par cette nouvelle politique, on cherche à nourrir les acquis et non les défis.

On propose également de la part du gouvernement d’apposer une certification à nos produits locaux souverains chéris : Aliments du Québec et Aliments Préparés au Québec, vous avez déjà vu la petite fleur de lys bleue près des prix de certains produits en épicerie ? Ben imaginez-vous donc que les Aliments Préparés au Québec peuvent ben venir du Bengladesh, on s’en contrefiche, l’important c’est que ça soit préparé par des gens d’ici qui vont être mangés par du monde d’ici. La belle affaire ! Je vois déjà le bordel en épicerie avec la moitié du monde qui lisent même pas les étiquettes des produits qu’ils achètent, c’est supposé vraiment les guider à faire des achats locaux ? On s’entend-tu que n’importe quoi peut être certifié Aliments Préparés au Québec ?!?

Dominic nous faisait aussi remarquer que, si on fait une petite recherche pour savoir où est situé le siège social de ces deux certifications on arrive où ? À l’UPA !! Bravo champion, super archi louche.

Alors on fait quoi pour démystifier le vrai du faux ? Dominic propose l’agriculture citoyenne. Faire pousser / élever notre manger chez nous et le vendre entre nous. Tout le monde dehors. Les poules, les cochons, les vaches. Le gazon les bibittes pis toute.

Pis la loi dans tout ça ? Quand tout ce beau monde (ça c’est toi pis moi mettons) se pognera une poule au lieu d’un coquatiel ou d’un serein ou d’un chien par exemple, il n’y aura plus assez de place en prison pour mettre tous ces « criminels ». Les lois changeront lorsque le gouvernement sera mis devant le fait accompli d’une action qui aura créé un effet d’entraînement trop grand pour lui.

Entrer dans l’action. Être le changement qu’on désire voir dans la société. Se réapproprier notre pouvoir et se rappeller que c’est NOUS qui avons le gros bout du bâton, pas eux.

Ça fait du bien des conférences de même. De voir qu’il y en a qui décident de se fâcher un peu pour qui se passe des affaires trippantes chez nous. J’ai appris plein de choses sur le fonctionnement des quotas pis des restrictions aux petits producteurs.

J’espère qu’il répandra ses bonnes idées comme… un bon engrais disons.

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« Nous sommes véganes pour les animaux, pour les humains et pour la planète. Nous le sommes parce que, au-delà de nos différences, nous partageons un désir de progrès et de justice. Bref, nous sommes véganes pour un monde meilleur. »

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